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  • Photo du rédacteurDiane de Basly

Dépasser le ressentiment pour sauver la démocratie - Avec Cynthia Fleury - France Culture

Les individus et le collectif, même combat. Pour Cynthia Fleury, ils souffrent tous deux du ressentiment, ce poison qui empêche d’avancer. Dans son livre Ci gît l’amer - guérir du ressentiment (Gallimard, 2020), la psychanalyste et philosophe propose, à l’échelle psychanalytique et politique, des manières de dépasser ce mécontentement qui ronge la société. Elle apporte des éléments de réponses en convoquant des philosophes, des psychanalystes, des historiens, des poètes, des écrivains mais aussi des expériences personnelles. 

Le ressentiment : une maladie contemporaine ? 

La notion de ressentiment n'est peut être pas forcément tout de suite adaptée, dans la mesure où ce qui vient valider qu'il y a ressentiment - par rapport à une colère, par rapport à un sentiment de défiance exacerbé, par rapport à parfois même une haine qui peut monter de l'envie - c'est précisément le temps. C'est à dire l'inscription dans le ressentiment. Hélas,  les fractures que l'on ressent aujourd'hui dans la société française ont préexisté largement à la crise de la Covid. Maintenant, il s'agit de savoir qu'est ce qui va rester ? (Cynthia Fleury)
Nous avons aujourd'hui des conditions objectives du renforcement du ressentiment. C'est une maladie typique de la démocratie, beaucoup moins d'un État autoritaire. Notre rapport à l'égalité et absolument déterminant. Adorno parlait même d'un d'un égalitarisme répressif, c'est à dire, en somme, que notre manière de nous ressentir égaux, c'est d'aller vérifier. Or, là, bien évidemment, explosent les inégalités. Et donc, oui, vous avez un sentiment de ressentiment qui est plus fort. (Cynthia Fleury)

De la crise sanitaire à la santé

La santé n'est pas une absence de maladie : c'est un état global de bien être physique, psychique, social, on pourrait ajouter environnemental. Quand on défend la vie humaine, on ne défend pas uniquement la vie biologique, mais on défend ce que j'ai appelé "l'indivisibilité de la vie". Quand aujourd'hui, vous vous plaignez malgré tout du fait que on vous enlève la possibilité de faire un affectio societatis, vous avez raison, vous êtes dans votre bon droit, vous êtes dans l'idée juste  de ce qu'est une santé. Cela veut dire demain que la collégialité va devoir un petit peu reprendre la main et que nous sommes un Etat social de droit. [Car] nous ne nous ne produisons pas le même type de gouvernance d'une épidémie qu'un État autoritaire. Et c'est ça aussi qui fait notre valeur.(Cynthia Fleury)

Dépasser le ressentiment : un choix éthique 

Ma thèse est que la traduction politique du ressentiment ne produit pas une action politique viable. Il y a une objectivation des conditions désastreuses du moment. Je vois comment je vais aller vers la sublimation de cette tentation du ressentiment. Encore une fois, le choix que je fais (...), je pars du principe que c'est du domaine du pari pascalien, que c'est un choix éthique,  c'est une fonction régulatrice. (Cynthia Fleury)
La question est aujourd'hui de savoir vers quelle tentation majoritaire nous allons tendre. A un moment donné, il y a un phénomène de convergence possible de tous ces ressentiments qui sont très, très éloignés les uns des autres, mais qui en fait, vont converger. Plus on pénètre dans le ressentiment, moins on a la capacité de le conscientiser. Donc on rentre dans le déni et dans l'incapacité, tout en se croyant être capable. (Cynthia Fleury)


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